S’ il faut commencer du début, je commencerai par parler de mes racines familiales.

Je suis née d’un père suisse, de Neuchâtel et de Genève, et d’une mère gréco-turque et française de Normandie. Ce sont des origines bien marquées avec des identités alimentaires bien spécifiques. C’est cette diversité qui m’a apporté cette distance ou cette ouverture par rapport à la nourriture.

 

Plus tard, j’ai suivi une formation artistique, qui m’a amené à l’architecture d’intérieur.

J’ai eu trois enfants. J’ai fait le choix d’arrêter mon métier pour pouvoir m’en occuper.

 

En 2006, ma sœur et moi avons ouvert un café restaurant, Les Fleurs de Marie.

Nous avions une spécificité, qui n’allait pas de soi à l’époque, c’est-à-dire le “fait-maison”.

Par la suite, nous sommes passées au “fait-maison” avec des produits locaux et finalement au bio. Après ces étapes, je suis arrivée à la fermentation lactique.

C’est ma clientèle qui m’a amené à ces réflexions, de par ses dysfonctionnements dans la digestion. Mais c’est aussi la diversité des alimentations qui passait la porte de mon restaurant. J’ai pu découvrir l’histoire de notre culture alimentaire, quel que soit l’endroit du monde où l’on vient, chaque endroit à ses spécialités. Mes réflexions se sont tournées vers chaque peuple qui a survécu jusque-là avec sa nourriture. Notre alimentation est liée à notre nature et notre culture, car on se doit de se nourrir en fonction de qui on est et d’ où nous sommes.

Mes réflexions n’ont eu de cesse d’évoluer. Ma remise en question a été totale par rapport à mes débuts dans la restauration. Mes réflexions ont été accompagnées d’une thérapie longue durée que je continue aujourd’hui afin de continuer à comprendre ce qu’il se passe autour de moi. Je continue à questionner les choses établies, pour continuer mon chemin.

Après seize ans, j’ai décidé de vendre mon entreprise et de me consacrer entièrement à la nourriture.

 

Je ne parlerai pas de ce que je fais comme une évolution ou une révolution, mais plutôt d’un retour à la terre.

Aujourd’hui, avec tous les problèmes que l’on rencontre, nous devons nous rapprocher de la terre. Mais on doit surtout se rapprocher des quatre éléments de base, l’eau, la terre, l’air et le feu, qui sont les quatre éléments essentiels à la fermentation lactique.